écrits

C´est dur de rester pudique à un enterrement. J´étais la fille du défunt alors  peut être la protagoniste  la plus importante. Là debout en train de pleurer devant tout le monde . Pour l´enterrement de ma sœur trois ans plus tôt je n’avais quasiment pas pleuré à l´annonce son décès, cela s´est produit  alors que je suis rentrée dans la cours de l’église, ils étaient là amis et famille et c’est là que je me suis mise à pleurer comme si enfin je réalisais. Je me sentais seule et accompagnées à la fois, sentiment bizarre.

Pour mon père je suis rentrée directement dans l’église je n’avais pas envie d’étreindre tous ces gens, de répéter le même scénario…les deux fois je me suis sentie pathétique, c’est dur de montrer sa faiblesse.

La mise en terre. J’ai commencé  à embrasser mécaniquement, sans savoir les gens qu’il y avait devant moi, je faisais la bise à des inconnus du village, familiers, amis… puis je me suis arrêté et je suis restée au milieu de l’allée quelqu’un est venu derrière moi et m’a mis une main sur l’épaule j’ai touché cette main en ignorant totalement à qui elle appartenait. J’étais juste là, la fille et ma mère s’était éloignée finir la tournée de poignées de main, d’embrassades. Je la voyais, elle, elle savait à qui il fallait faire la bise à qui il fallait donner une poignée de main…moi je n’y comprenais plus rien…du coup quand elle s’est éloignée je me suis sentie incapable de parcourir ces 10 pas qui me séparaient d’elle. Puis deux amies sont venues et j’ai pu me mettre en mouvement et aller jusqu´à la maison rejoindre cette fausse normalité.

Puis après: le gouter. Les deux fois je l’ai vécu comme une fausse normalité, ils sont tous là ça fait plaisir de les voir alors on sourit mais on sait parfaitement que l’on va dérouiller les heures, les jours, les mois, les années qui viennent. C’est comme prendre un grand bol d’air sachant qu’après on va se noyer…quoique l’on fasse. Ensuite, ils sont partis et je me suis dis: ça y’ est l’enterrement est derrière moi, le gouter post-enterrement aussi…  des épreuves sont passées mais la douleur reste, son intensité n’en n’est pas moins forte.

De toute façon la souffrance est déjà là, ça fait déjà un moment que l’on n’avance plus au même rythme…et on sait parfaitement que cette sensation va faire corps avec nous…pour des années…

 

****************

 

Ça m’est arrivé pour la deuxième fois. Une sensation de vide. Quelque chose de bizarre comme si derrière mes paupières il y ‘avait un ravin, un ravin accueillant, bienveillant.

Aujourd’hui j’ai revécue cette sensation. Je ne sais pas si c’est le fruit du hasard mais hier j’ai fait la fête avec ces personnes, ce couple et d’autres amis qui étaient là quand on s’est vu la seconde fois. Tu as été dans ma vie de manière brève …sincèrement j’aurais préféré ne jamais t’avoir connu. Je n’aime pas avoir la tête remplie de souvenirs qui n’ont aucunes utilités, souvenirs encombrants. Je sais que ce n’est pas ta faute mais tu m´as laissé une saveur amère. Tu as été un obstacle en plus que j’ai dû surmonter. Tu n’ es responsable de rien et surement que le fait de t’avoir connu n’a pas été si important, mais moi je commence à me connaître et je sais que la douleur tu ne l’a pas provoqué toi, elle était déjà là dans la partie basse de mon ventre.

Je saignais encore, c’était environ 10 jours après mon avortement, un autre homme, un autre dans ton style, un homme attirant, un homme qui ne veut pas se mouiller. Ça m’a fait mal, j’étais venue seule à l’hôpital, les infirmières n’arrêtaient pas de me dire d’une voix douce: prends soin de toi, calme toi, essaye de ne pas souffrir quand moi j’étais d’un avis autre, je me sentais coupable et pensais que je méritais d’avoir mal, Je ne voulais pas montrer aux infirmières que j’étais sous l’effet du gaz relaxant, j’avais comme honte de l’aspect positif de l’expérience: être dans les vapes…je suis revenue dans ma chambre d’hôpital un marchant rapidement. Après je me suis allongée dans le lit toujours sous l’effet du gaz. J’avais mal juste à l’endroit où ses cellules et les miennes s´étaient mélangées. Je regardais la prise sur le mur en face de moi et j’avais l’impression que se détachait d’elle une couronne de lumière. J’imaginais être capable de visualiser l’énergie, l’électricité, que j’avais un pouvoir magique. Puis j’ai envoyé un message à ma mère lui disant que tout allait bien que j’étais vivante, je voulais qu’elle soit rassurée…
C’est étrange parce que ce thème est sorti tout seul d’une conversation que nous avions eu: tu m’as dit que l’une de tes copines avait avorté et que ça t’avais fait souffrir, moi je me suis tu, moi je saignais encore.

Je t’ai connu dans cette ville du pays basque que j’aime tant. Ce jour là je me sentais bien, c’est pas habituel, ce jour là aussi je saigné mais ce jour là cela n’avait pas d’importance, ce jour là était agréable. Nous nous somme rencontrés et je t’ai embrassé, je sais que vous aimez ça, que vous aimez ne pas montrer que vous êtes avec moi et moi je m’adapte. Je t’ai embrassé sans que personne ne s’en rendre compte et j’ai bien vu que cela te rendais heureux. Beaucoup d’hommes aiment les femmes bizarres mais n’aiment pas que cela se sache…c’est la vie.

On s’est revu, je ne sais pas quels ont été les mécanismes, je ne sais pas si ça a été volontaire, si tu voulais me revoir ou pas. Je ne suis pas capable de m’empêcher de rêver et même si j’essaye de me contrôler, mon cerveau est un terrain fertile pour l’imagination. J’imaginais que d’une certaine manière j’étais spéciale pour toi…pensée complétement absurde… Quand je t’ai revu, cette seconde fois j’ai été pathétique, j’étais un esprit perdu uni à un corps qui me paraissait mutilé, cette fois je n’ai pas été capable de faire abstraction de cette douleur psychologique. Je cherchais des miettes d’affection, me raccrocher à quelque chose…et comme cela était prévisible ce fut un grand échec…logique. Cette expérience à été un autre deuil, ma troisième chute de l’été. Cette chute a les traits de ton joli visage, mes chutes ont toujours les traits d’un homme. De cette expérience j’ai appris une leçon: je me suis rendue compte que non seulement mes tripes sont meurtries mais que ma peau aussi comporte des stigmates, que mon corps sent mauvais et ne trompe plus personne; Je n’arrive pas à cacher mon mal être, celui si transpire à mon insu. Cela se voit dans ma manière de bouger dans ma manière de parler, de regarder… Toi tu as été parfait tu as donné tout ce que tu pouvais donner. Moi je suis folle et les folles ne plaisent pas aux esprits sains. Toi tu ignores encore que la folie n’est pas forcément là à la naissance et que des fois celle ci arrive plus tard…certains traumatismes nous marquent et sont capables de foutre en l’air n’importe quelle base.

P1060020.jpg

****************

 

Samedi j’ai fini dans le lit d’un inconnu, saoule, j’avais pas envie, je crois que j’avais seulement envie que l’on m’embrasse et que l’on me prenne dans les bras …mais ici ça va de paire… si l’on commence il faut finir. J’ai couché avec lui sans aucune envie je l’ai laissé jouer avec mon corps sans aucun désir, javais envie de lui hurler: finis maintenant, éjacule merde!, il était sur moi je pensais aux yeux bleus d’A., je pensais qu’il n’aimerait pas voir ça. Pourtant j’ai été clair avec lui, A. je ne serais plus jamais fidèle, j’ai été aussi clair avec ma mère: je ne fonderai plus jamais de couple, je ne laisserais personne entrer dans ma maison. C’est difficile parce que souvent c’est beaucoup plus agréable de vivre dans le mensonge et dans la sécurité d’un faux amour, je l’ai fait pendant sept ans et des fois je pense que ça a été la période la plus tranquille de mon existence. Maintenant je me sens faible, je me sens proie mais à la fois je me sens libre. Maintenant est revenue ce sentiment horrible cette peur de l’abandon, ce A. que va t il faire de moi, pour l’instant il me dit que je suis unique faite pour lui mais je sais pas des fois j’ai l’impression que c’est seulement un jeu morbide, le premier amoureux perd, et l’autre le laissera. Je me rappelle quand j’ai perdu ma sœur j’ai eu cette réflexion, mieux vaut ne connaitre personne comme ça on ne risque pas de souffrir la perte, je vois un peu les choses de la même manière avec l’amour, j’aimerais pourvoir être capable de rester seule mais je ne peux m’en empêcher, être vivant c’est aimer ….j’adorerais changer les règles du jeu.

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close